Entente cynique entre actionnaires et consommateurs aux dépens des producteurs et des salariés

La mondialisation a rendu possible une entente imprévue entre les actionnaires et les consommateurs, excluant du partage les producteurs et les salariés. Pendant longtemps, la répartition des fruits de la création de richesses s’est exercée entre le capital et le travail au sein d’un monde relativement étanche, peu exposé à la concurrence internationale. L’avènement de la grande distribution et sa concentration ont changé la donne. En position dominante vis-à-vis de ses fournisseurs, le distributeur affiche l’ambition séduisante de défendre les consommateurs. Pour y parvenir, il prend en tenaille ses fournisseurs, les producteurs, pour obtenir d’eux des réductions de prix. Ils n’ont d’autre choix, dans ce combat singulier, que d’accroître leur compétitivité, aussi longtemps qu’ils le peuvent, ou bien de succomber. L’arrivée des moyens modernes de transport et de communication ouvre une troisième voie de survie. La fuite vers d’autres sites de production, la délocalisation des activités et des emplois. Cynique issue pour la cohésion sociale. C’est ainsi qu’un nombre croissant de femmes et d’hommes sont privés de leur emploi et de leur pouvoir d’achat le plus digne.

Seuls échappent à ce funeste destin les agents salariés de la fonction publique ou de l’économie de proximité non soumise à la concurrence internationale, le coiffeur, le restaurateur, le garagiste. La financiarisation va accélérer le processus. Il s’agit bien d’une entente entre les actionnaires et les consommateurs. L’enchaînement est fatal : désindustrialisation, montée du chômage, endettement public. C’est ici qu’une société privilégiant la consommation et les loisirs atteint ses limites vitales. Pour éviter le collapsus, il importe de réconcilier bien vite les consommateurs et les salariés. Leur harmonie retrouvée ne saurait pour autant avoir pour objet d’évincer les revenus du capital, dividendes et rémunérations, sous diverses formes, des dirigeants des entreprises. Ce qui est en cause, c’est la juste mesure, l’équilibre et l’égalité des chances. Ce qui prime désormais, c’est la production et la compétitivité. Je n’arrive pas à comprendre le renoncement du gouvernement face à l’allègement des charges finançant les branches santé et famille de la Sécurité sociale et leur compensation par un supplément de TVA. Toute augmentation de TVA doit aller exclusivement à l’amélioration de la compétitivité du travail et non pas à la réduction des déficits.

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