Garder le cap

Pendant neuf ans, j’ai présidé la commission des finances au Sénat, avec passion et bonheur. Je reconnais que c’est un vrai privilège que de pouvoir prendre appui sur une équipe de collaborateurs exceptionnels de professionnalisme et de talent. C’est aussi un atout précieux que de faire vivre le débat entre des sénateurs issus de toutes les formations politiques et pleinement engagés dans leurs missions d’évaluation des politiques publiques, défendant âprement leurs convictions. Je crois pouvoir me prévaloir d’un bilan globalement positif. Le travail accompli est toujours resté à l’abri de toute forme de complaisance, de tout pari pris partisan. Eclairant les enjeux de la mondialisation, je n’ai jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme à propos de la dérive des finances publiques et de la perte de compétitivité de notre économie. En matière de contrôle de l’action du Gouvernement et des administrations publiques, avec le concours de la Cour des comptes, nous avons exercé une vigilance scrupuleuse, notamment lors des auditions pour suites à donner.

Le basculement à gauche du Sénat a ruiné mon souhait de poursuivre ma tâche à la tête de la commission des finances. L’accord PS-UMP a donné lieu à un scrutin « stalinien », les élus de gauche ne prenant pas part à l’élection du président, les élus de l’UMP ne prenant pas part à l’élection de rapporteur général, pour désigner le président et le rapporteur général de la commission. Sans illusion sur l’issue des votes, j’ai tenu à rester candidat pour exprimer mon désaccord face à la bipolarisation du Sénat. Je veux redire qu’à ce petit jeu, nous démontrerons rapidement que le clone de l’Assemblée n’a pas d’utilité institutionnelle. J’entends continuer à me battre pour défendre l’idée qu’au Sénat, l’opinion de chaque sénateur prime les considérations de parti et d’appareil. Je retrouve une liberté d’agenda et de parole. Je compte en faire bon usage, dans l’intérêt de la Mayenne, de la France et de l’Europe pour promouvoir les réformes structurelles auxquelles je suis attaché (réforme fiscale, lutte contre les « niches », TVA-sociale, décentralisation et suppression du harcèlement normatif, réduction des dépenses publiques, vraie « règle d’or ») et défendre une éthique de gouvernance publique.

Jean Arthuis

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