Au terme des auditions relatives à la gouvernance publique, dans l’affaire EADS, l’impression qui prédomine est bien que tous les acteurs publics sont irréprochables. Il se confirme en effet que lorsque l’Etat est actionnaire, il tient le rôle du figurant. Une fois encore, ses représentants ont été parfaits dans leur figuration.
Dès la conception du projet, en 1999, sous l’impulsion de Jean-Luc Lagardère, Aérospatiale et Matra fusionnent. Les actifs apportés sont évalués avec bienveillance à parité et l’Etat se soumet, renonçant à tout leadership. Résignation consacrée par le pacte d’actionnaire signé avec le groupe Allemand Daimler-Benz en 2000. La société EADS est constituée, Daimler-Benz détient 30% du capital, Lagardère 15%, l’Etat français 15% mais il est le seul à accepter de ne pas siéger au sein du conseil d’administration, à s’interdire de participer aux décisions stratégiques, à se contenter de lire la presse pour se tenir informé de ce qui est fait de ses apports, de son argent.