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Renault, mondialisation, sous-traitance, TVA sociale
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J'ai apprécié la conférence de presse de  Carlos Ghosn, président de Renault, du 9 février 2006, présentant son « contrat 2009 ». Elle illustre la stratégie d’une entreprise mondialisée, dont le développement passe par de nouvelles délocalisations.

C'est l'alerte rouge pour les sous-traitants. L'objectif de réduire les coûts des achats de Renault de 14 % sur trois ans est une pression accrue sur les entreprises partenaires qui les amènera fatalement à délocaliser tout ou partie de leur production.

La conférence du président de Renault souligne en outre les nouvelles formes prises par les délocalisations.

D’une part, la mise en avant par Renault du succès de la Logan montre que les choix d’implantation industrielle pour le développement de nouveaux modèles se caractérisent par la création d’emplois, ailleurs qu’en France. Le succès de cette automobile à bas coût illustre parfaitement le conflit actuel entre préservation des emplois sur le territoire et prix bas. Il est le symbole d'un modèle français fondé sur le « moins cher » et le « moins d'emplois ».

D’autre part, Renault indique que « pour accompagner ce mouvement tout en maîtrisant les coûts, l’ingénierie sera en partie décentralisée auprès de nos implantations industrielles en développant des bases importantes en Roumanie et en Corée, et en renforçant son implantation au Brésil ». Désormais, les délocalisations touchent, chez Renault comme dans beaucoup d’entreprises, les emplois les plus qualifiés. Ceux-ci se rapprochent évidemment des lieux de production.

La stratégie de Renault, qui est celle de toute entreprise mondialisée, invite le gouvernement à prendre l’offensive face aux délocalisations, en optant de manière urgente pour une fiscalité sociale ne frappant plus la production. Comment réduire les coûts de 14 % en trois ans, sans supprimer certaines cotisations sur salaires (santé, allocations familiales) ? Il rappelle que le chantier de la TVA sociale est encore devant nous. Si les délocalisations ne constituent pas une fatalité, leur progression exige une réponse économique d’envergure.

Sans action énergique, nous devons nous préparer à de nouvelles déceptions en terme de croissance.


10-02-2006 | Envoyer | Commentaires (2) | Lu 609 fois | Public
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