TVA sociale: le Danemark à la tête de l’Union européenne

Le Danemark, non membre de la zone euro, prend la présidence de l’Union européenne au moment où l’euro atteint ses dix ans. Notre monnaie unique a passé Noël et se porte bien. Saluons sa robustesse puisqu’elle a résisté à la calamiteuse gouvernance de la zone euro. J’espère que le gouvernement Danois fera tout pour permettre aux dix-sept membres de la zone euro de tirer les enseignements de cette première décennie et de franchir une étape décisive en vue d’une gouvernance effective, prompte à réagir, solidaire, confiante et démocratique. J’aurai l’occasion d’y revenir dans les prochaines semaines en rendant compte de la mission que m’a confiée le Premier ministre.

S’il est un domaine où le Danemark peut servir de référence, offrir un exemple de politique audacieuse, c’est celui de la TVA sociale comme instrument de compétitivité. En 1987, les autorités Danoises, dans un consensus impliquant les partenaires sociaux, conscientes des enjeux de la mondialisation, ont décidé de supprimer l’essentiel des cotisations assises sur les salaires. En compensation, pour maintenir le financement de la protection sociale, elles ont porté le taux de TVA à 25%. Au regard du niveau de l’emploi, de l’équilibre des finances publiques et de l’endettement collectif, le résultat est tout aussi probant qu’enviable. C’est une réponse possible aux vœux du Président de la république. L’exemple Danois démontre les vertus d’une tradition de dialogue social responsable, ouvert sur l’avenir et sur le monde. Il révèle aussi que l’action efficace ne s’accommode pas de demi-mesures ou d’apparences de réformes.

Je souhaite que le débat sur la compétitivité rompe avec les joutes politiciennes et les postures caricaturales. Ce qui est en cause, c’est notre avenir, notre indépendance, le sort de nos enfants. Tous les clichés consuméristes doivent s’effacer pour redonner priorité à la production. En chaque citoyen, réconcilions le consommateur et le producteur, le niveau de vie et le pouvoir d’achat. Les temps nouveaux nous invitent à la sobriété heureuse.

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